La chasse à Picsou, le combat d’arrière-garde d’une gauche de ratés

Les récentes déclarations de l’homme d’affaires Bernard Arnault, qui s’agaçait de l’oppression fiscale des entreprises en France, ont suscité une vague d’indignation dans la gauche socialo-insoumise. Un bel exemple de démagogie émanant d’apparatchiks qui, soudainement, se sont mis à invoquer le manque de « patriotisme » du patron de LVMH.

De retour des États-Unis, où il est probablement le seul Français à avoir été convié à l’investiture de Donald Trump, Bernard Arnault s’est essayé à une comparaison entre le climat des affaires en France et aux États-Unis. Si comparaison n’est pas raison, il convient néanmoins de constater que la morosité qui s’empare de notre pays est indéniable et que les charges qui pèsent sur le travail brident les salaires comme les embauches, bien plus que le droit social français, qui a encore le mérite de protéger la partie faible.

Appliquée aux entreprises françaises, la fiscalité assommante empêche la réindustrialisation, dont tout le monde parle mais qui ne vient toujours pas, et limite l’innovation.

Dans un exercice éculé de lutte des classes, les députés et autres responsables du Nouveau Front Populaire (NFP) ont dénoncé le coup de gueule de l’homme le plus riche de France. Ce dernier est accusé d’avoir délocalisé (pas de fumée sans feu) et de manquer de « patriotisme », une valeur qui semble exister à gauche uniquement quand il faut passer au tiroir-caisse.

Les députés privilégiés du NFP n’ont, pour beaucoup, jamais travaillé et, pour l’immense majorité, jamais dirigé une entreprise. Ils se contentent d’aiguiller la dépense publique, nos impôts, vers leur segment électoral. Selon eux, on devrait même être fier de payer des impôts !

Mais pourquoi ? L’hôpital est en ruine, les routes et les infrastructures du pays sont dans un sale état, les familles nombreuses ne sont pas soutenues comme c’était encore le cas avant la présidence de François Hollande, et l’État se montre même incapable d’assurer ses missions régaliennes, au premier rang desquelles : la sécurité.

Que la fortune de Bernard Arnault soit considérée comme indécente est une chose, taper sur un homme capable de créer de la richesse et d’employer des dizaines de milliers de personnes en est une autre, qui relève de la plus pure démagogie. La vraie question n’est pas de savoir qui gagne trop, mais surtout où va notre argent. La TVA et le matraquage fiscal, qui touchent aussi bien les particuliers que les entreprises, entretiennent un système vérolé dans lequel la « générosité de l’État » est systématiquement orientée vers les inactifs… et dans lequel on compte presque un fonctionnaire pour dix habitants.

La solidarité envers les plus faibles des Français est un devoir, disposer d’un système de santé efficace, de moyens de communication modernes ou encore d’une armée forte sont des nécessités.

Cela ne doit pas empêcher de tracer scrupuleusement les dépenses publiques, sinon à prendre le risque de la remise en cause du consentement à l’impôt.

Chacun d’entre nous devrait aujourd’hui s’interroger : que fait l’État pour moi ?

 

Olivier Frèrejacques

Président de Liberté politique