Retraites, SNU, JO, l’héritage de Macron déjà liquidé

Le déclin du prince des centristes est déjà bien entamé. 79% des Français seraient mécontents de l’action d’Emmanuel Macron. Après les défaites électorales, c’est désormais son propre camp qui étrille son maigre héritage politique.

On n’est jamais mieux trahi que par les siens. L’adage est juste : Emmanuel Macron l’a pratiqué avec ses compères socialistes. Ce sont désormais ses complices centristes qui vérifient la formule. En l’espace de quelques mois, ce qu’Emmanuel Macron a tenu à réaliser de marquant pour le pays a été détricoté ou est en train de l’être.

Au sommet des désaveux se trouve la réforme des retraites. C’était sa réforme, celle pour laquelle il avait tenu tête aux syndicats dans un contexte de manifestations massives. Indispensable pour la pérennité du système de retraite, la loi sur la réforme des retraites de 2023 était lacunaire et insuffisante. Elle devrait désormais être remodelée conformément à l’accord entre le Parti socialiste et le nouveau Premier ministre François Bayrou. Si les négociations ne portent pas leurs fruits, le chef de gouvernement pourrait sauter, mais son sort pourrait aussi sceller celui du chef de l’État.

Autre symbole du macronisme : le Service national universel, dit SNU, sorte de format hybride entre la journée d’appel à la défense et un service militaire dans une version « cours d’éducation civique ». Très critiqué à gauche, très coûteux et jamais vraiment plébiscité par son propre camp ni par la droite, le SNU a été enterré par le Sénat, dominé par Les Républicains qui sont pourtant en coalition avec le président. Après le désaveu de la Chambre haute, le président a fait des annonces pour inciter les jeunes à s’investir dans la réserve de l’armée. Une manière de dire qu’il ne renonce pas vraiment, alors même qu’il est désavoué.

Même constat pour les crédits alloués au sport. Les Jeux olympiques de Paris devaient faire entrer la France dans une nouvelle ère sportive, mais dans un contexte de morosité économique, les crédits alloués au sport sont en baisse. Quelques sportifs s’en sont émus ainsi que des fédérations… Emmanuel Macron leur a emboîté le pas, mais il n’a plus la main là-dessus faute de majorité.

Le roi est nu. À mesure que le quinquennat arrive à son crépuscule, les soutiens d’Emmanuel Macron lui tournent le dos, celui-ci n’ayant plus rien à offrir.

Il convient désormais d’observer et de tenter d’anticiper ce que fera le président dans les vingt-sept mois qui le séparent de la prochaine élection présidentielle. Dans la reconfiguration de la droite et du centre, Emmanuel Macron devrait tenter d’avoir un mot à dire et, à défaut d’être faiseur de roi, il pourrait s’attribuer un rôle négatif contre ses anciens proches ou lieutenants qu’il considère comme des traîtres.

 

Olivier Frèrejacques

Président de Liberté politique